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Son combat
Sa philosophie
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Son Combat >2eme Partie

L'administration coloniale française n'a jamais pu justifier au regard du droit les poursuites et les exactions faîtes à Cheikh Ahmadou Bamba. Il est vrai que le décret du 30 Novembre 1887 faisait des Sénégalais des indigènes à l'exception des natifs des quatre (4) communes que sont : Saint Louis, Dakar, Rufisque et Gorée, il n'en demeure pas moins que la France avait déjà proclamé les DROITS DE L'HOMME dans la déclaration de 1789 et dés lors un minimum de garantie était nécessaire à chaque être humain. Cheikh Ahmadou Bamba n'a jamais bénéficié de protection juridique.

La liberté élémentaire d'aller et de venir lui était interdite même dans son propre pays, s'agissant de ses déplacements à l'étranger, il n'a quitté le Sénégal que pendant les périodes de déportation au Gabon et en Mauritanie. Pourtant certains chercheurs avancent que Cheikh Ahmadou Bamba avait nourri le dessein de se rendre à la Mecque en 1895 après qu'il eût pris le titre de Khadimourassoul. Le colonisateur français s'y opposa et ce fut la déportation au Gabon.

Si le Marabout avait accompli ce rite sans nul doute, son audience serait plus grande auprès des arabes ce qui constituerait une source supplémentaire de crainte pour le colonisateur français, tel est du moins l'avis du Professeur Historien Iba Der THIAM. Pour les français oui sans nul doute, mais pour le Marabout l'affirmation n'est pas si évidente quant à nous, nous pensons que Cheikh Ahmadou Bamba n'a jamais cherché une jonction avec le monde arabe pour mener à bien sa lutte contre les français en effet, il ne résulte nullement des écrits du Marabout une telle intention. Plus décisif encore, Cheikh Ahmadou Bamba n'a eu d'autres références que Dieu et son Prophète et il était convaincu sous un angle mystique que les épreuves qu'il subissait sont pour lui une étape nécessaire dans sa vie pour lui permettre d'accéder aux grâces divines.

C'est comme si Ahmadou Bamba avait signé un contrat avec son créateur au terme duquel, le passage avec succès de telles épreuves équivaut à son élévation à un grade supérieur. Le MAGAL qui marque le début des épreuves subies par Ahmadou Bamba est célébré par les Mourides comme un moment de réjouissance alors qu'en réalité il s'agit de son départ en exil moment qui pouvait être considéré comme une souffrance.

Dans ce contexte, vu sous l'angle mystique Ahmadou Bamba n'avait point besoin d'aide. Aujourd'hui tout le monde s'accorde à dire que les motifs invoqués pour priver Cheikh Ahmadou Bamba de sa liberté pendant près de 20 ans étaient des motifs fallacieux souvent fabriqués de toutes pièces pour les besoins de la cause.

Les français n'étaient pas les seuls à avoir intérêt à la disparition du Saint Homme, des chefs traditionnels déchus mais maintenus par les français dans un rôle de laquais ont souvent adressé des pétitions et envoyé des lettres secrètes à l'autorité coloniale pour signaler que l'influence grandissante du Marabout portait atteinte à leur crédibilité, il en est de même des chefs religieux locaux qui eux aussi adressaient des lettres à l'autorité coloniale pour dire qu'ils se démarquaient totalement de l'action de Cheikh Ahmadou Bamba. Il est aisé de noter que pendant le procès de Cheikh Ahmadou Bamba à l'issue duquel une lourde sanction lui a été infligée, les chefs religieux d'alors n'avaient pas osé élever une protestation auprès de l'autorité coloniale, alors même que la communauté de religion les y invitait.